mardi 22 décembre 2015

La jeunesse ou l'âge du possible ...





« Ceux qui contrôlent le passé, contrôle l'avenir ;
Ceux qui contrôlent le présent, contrôle le passé ».
1984 » de George Orwell, écrivain et journaliste britannique 1903/1950).

Transition entre l’enfance et l’âge adulte, la jeunesse est cette période décisive pour un individu : on cherche à se libérer, à se démarquer. Période intermédiaire en quête d’une forme d’autonomie où on se découvre une personnalité toute neuve, malléable, adaptable, ouverte à l’infini. Mais l’ignorance et l’inconscience environnant, ne facilitent pas la vague émotionnelle qui noie l’envie insatiable de liberté et la motivation vers une nouvelle raison d’être de tous ces jeunes en mal d’avenir.
Alors on balbutie, on tâtonne, on se passionne, on rejette, on désespère, on se relève, on se recharge ou pas …
Aussi période parfois brutale dans ses certitudes, trop souvent sincère dans ses angoisses … et
pourtant, jeunesse heureuse car elle n’a pas de passé  mais parfois jeunesse malheureuse car elle peine à se faire un nid … car on veut lui brouiller les yeux sur son avenir
Et pourtant …
« La jeunesse ne vient pas au monde, elle est constamment de ce monde »,  disait Paul Eluard.

Car que trouve-t-elle face à elle ?
L’image d’une société insécurisée, en perpétuelle ébullition et trop souvent égarée dans des difficultés sans fins et désorientée par un manque prononcé de valeurs morales et d’idéaux. Une société déstabilisante car enchaînée à des défis, comme celui de prendre en compte différentes populations dans leurs différences et leurs originalités … peut avoir des conséquences désastreuses sur la vulnérabilité, l'ouverture, l'éducation des jeunes générations.

 Lire article du Monde  (fin 2014)

Car quand jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents. 
Aussi, la jeunesse est un temps et un processus de mutation et de crise.
Reste que sur cette route menant à la terre promise, l’apprentissage n’en reste pas moins emplie de doutes et d’incertitudes, de rituels de passage au sein d’un environnement pas toujours à même d’offrir un avenir prometteur … Et pourtant, indirectement, génération beaucoup plus « raisonnable » qu’elle n’en a l’air, puisqu’elle offre cette possibilité de se démarquer de la masse et d’un enfermement collectif, pour ainsi se sentir proche de la notion d’idéal et de vocation … à tout ce qui nourrira ou alimentera « l’intériorité » d’une personnalité afin de se sentir plus ou moins « armé » et « sécurisé » lorsqu’elle se lancera dans la vie extérieure, elle aura alors une base et quelques repères pour se guider.
Certes, il n’y a pas d’éducation, de modèle ni de société parfaite mais y tendre et s’en inspirer, rend libre et créateur … Ainsi ne nous privons pas de sa ferveur et de son énergie, mais offrons-lui de quoi se nourrir  pour qu'elle devienne créatrice et émettrice ... de là découlera une bien meilleure fluidité et partage entre générations.
Un mal prend racine dans ses fondamentaux.
Revenir à la source permet de guérir de bien des maux.

Les jeunes continueront-ils à donner à leurs aînés, le bénéfice de leurs inexpériences ?



« Il est à craindre que la société ne présente un message court et superficiel sur la vie, quand ce n’est pas une incapacité à transmettre quoi que ce soit. Une société qui transmet mal le savoir, le savoir-faire, les codes et rites sociaux, le sens des fêtes et une spiritualité est en danger de mort. Des enfants et des adolescents ont trop souvent été renvoyés à eux-mêmes sans qu’ils parviennent à trouver de réels points de repères ». Tony Anatrella - Interminables adolescences (1988).

De Keny Arkana, « Gens pressés »


·         Quelques Références (films et bouquins) ...


  • « La trilogie Hunger Games »    
Un film inspiré par le roman de Suzanne Collins, réalisé par Gary Ross,  Francis Lauwrence (cinéastes américains)  avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, (Parcours en trois actes. De mars 2012 à 2015).

Une histoire lucide, inquiétante et  impitoyable sur les adolescents. Une jeunesse prisonnière et bouc émissaire de l’immoralité des adultes manipulant par tout moyen la conscience humaine (médias,
politique …). Film grave, violent et sans complexe sur le miroir du rapport que la société entretient avec cette génération, Résister à un régime totalitaire et chercher la liberté a un prix : celui de générer des effets dévastateurs de plus en plus banals (la sauvagerie d’ados qui s’entretuent !!!) ou … bienveillants et moralisateurs … au travers le magnifique parcours initiatique d’une jeune héroïne tout aussi rebelle, vulnérable qu’arrogante et performante 
Le « massacre des Innocents » n’est malheureusement pas fini.




  • « Moonrise Kingdom » = un film américain de Wes Anderson (mai 2012), avec Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray.
Quand la post-adolescence (Sam & Suzy) flirte avec l’âge adulte et qu’elle apporte quelques
leçons d’éducation en matière d’approche amoureuse.  Cela donne un drôle de conte sous forme
d’une romance initiatique hors réalité mais d’une subtilité et sensibilité attachante et poétique complètement décalée, chaperonnée par une partition musicale de Françoise Hardy.
Pour toutes générations en panne d’humour et d’imagination …



  • « Little miss sunshine »
Un film américain réalisé par Jonathan Dayton, Valerie Faris (septembre 2006) interprété par Greg Kinnear (Richard), Toni Collette (Sheryl), Steve Carell (Frank), Abigail Breslin (Olive), Paul Dano (Dwayne), Alan Arkin (grand-père) …

Un film qui décortique la cellule familiale : offrir le point de vue le plus complet et le plus bouleversant sur les liens du sang : héritage et culture, liens inter-générations. Pour le meilleur et pour le pire : « on choisit pas sa famille » ?? On choisit son idéal: confrontation au bien, confrontation au mal, confrontation à la réalité de la vie, çà braille et çà brille de partout. On rigole, on pleure, on s'essuie les yeux … et c’est pas du cinéma. Petit bijou de comédie et d’émotion, décalé et dramatique.
Pour toutes les filles et les garçons aux ventres proéminents avec grosses lunettes ... de 7 à 77 ans !!

  • « Clovefield »
Film américain réalisé par Matt Reeves (février 2008) interprété par  Jessica Lucas, Michael Stahl-David, Lizzy Caplan, T. J. Miller, Mike Vogel …

Film documentaire tourné caméra à l’épaule qui raconte l’histoire de New-York par une bande de post-ados filles et garçons, pleins de pognon et assommés par des problèmes légèrement futiles. Une surprise party un samedi soir = on boit, on rigole, on se plaint, on drague, on danse …
Cà explose et on se trouve piégé : au centre d’un cauchemar éveillé de fin du monde, des jeunes bien sous tous rapports vont devoir lutter pour leur survie …
Chaos, désordre, catastrophe, New York en flammes ... Un film de monstres sans montres. New York qui s’écroule et la Pomme d'Adam bien des Eves !!
« Un blockbuster expérimental et efficace carburant au rythme des battements de cœur de Roméo et Juliette ».
  • « Savage » = un  film américain d’Oliver Stone, réalisateur américain (septembre 2012) avec Taylor Kitsch, Aaron Taylor, Blake Lively, John Travolta, Salma Hayek.
Comment aborder les grands problèmes de ce monde dans un film pervers, insolent, pudique, violent. Un thriller cœur à cœur, corps à corps formé par trois beaux gosses plein de fraîcheur et d’insolence.
Unis à la vie, à la mort, à l’amour, ils en apprennent autant sur eux-mêmes que sur les autres en se faisant surprendre avec une radicalité et de perpétuelles remises en question … à rendre jaloux … les "gros méchants loups" !
Comment concilier l’écologie, le peace and love, les pétards, l’ordinateur, le soleil californien, la virilité, la zen attitude, une blonde, la "mère supérieure"… et les autres. On a tout à perdre et à gagner quand il s’agit de pouvoir, d’innocence, ou de la vie de ceux qu’on aime.
A méditer.

  • « La petite communiste qui ne souriait jamais » : un livre de Lola Lafon (Editions Actes Sud).
Gymnaste roumaine née en 1961, Nadia Comaneci aura marqué la gymnastique mondiale = victorieuse dans ses performances sportives, fidèle et humble dans la relation à son entraîneur (principalement les Jeux Olympiques de Montréal en 1976).
Née à l’Est et formatée par un "communisme naïf et printanier". Exposée très jeune aux lumières de l’Ouest. Coincée entre deux systèmes ? Elle choisira de rester "soumise" à sa conscience en modelant sa liberté. Alors que les femmes à l’Ouest cherchaient à s’émanciper, la petite Nadia semblait exister par delà les frontières par souci de perfection sportive … Un point de vue toujours d'actualité (?) sur le Lien profond qui unit l’Est et l’Ouest : «Crever de solitude dans son appartement ou crever de froid dehors ? ». Elle dira en 1989 à 28 ans : « Je rêvais de liberté, j’arrive aux Etats-Unis et je me dis : c’est çà la liberté ? Je suis dans un pays libre et je ne suis pas libre ? Mais où, alors, pourrai-je être libre ?».





    • « Good bye Lenin »
    Un film allemand de Wolfgang Becker (2002), scénario de Wolfgang Becker et Bernd Lichtenberg, avec Daniel Brühl (Alex Kerner), Katrin Sass (Christiane Kerner), Chulpan Khamatova (Lara), Maria Simon (Ariane), Alexander Beyer (Rainer).
    « Berlin-Est à l'été 1990. L'Allemagne se réunifie. Le socialisme réel est mis au rancart à vitesse grand V. Pour sa mère qui sort d'un coma de huit mois, un fils recrée une RDA qui n’existe plus ».
    Au sein d’une famille bien sous tout rapport : le thème de la réunification allemande sur fond de failles des systèmes socialiste et capitaliste.
    Rien de provoquant, c’est mélancolique et sentimental. Humilité et générosité qui s’évaporent à la tombée des briques du mur à Berlin en 1989.
    Réflexion sur une certaine idée du paradis perdu à l’Est qui rencontre la "sauvagerie" et l'individualisme de l’Ouest.
    Avoir un idéal, était-ce bien raisonnable ??




    « Libres enfants de Summerhill » = un livre de Alexander O’Neil, célèbre psychiatre anglais.
    « Summerhill, c’est l’aventure d’une école autogérée fondée en 1921 dans la région de Londres. Son fondateur, le psychanalyste A. S. Neill, a mis les découvertes psychanalytiques au service de l’éducation. Il s’est dressé contre l’école traditionnelle soucieuse d’instruire mais non pas d’éduquer. Il s’est dressé contre les parents hantés par le critère du succès (l’argent). Il s’est insurgé contre un système social qui forme, dit-il, des individus “manipulés” et dociles, nécessaires à l’ensemble bureaucratique hautement hiérarchisé de notre ère industrielle.  Education libre et originale suscitant de nombreux débats pédagogiques et contribuant à relancer la question des droits de l’enfant ».
    • « Sophie Scholl : non à la lâcheté » = un livre de Jean- Claude Mourlevat aux Editions Actes sud Junior.
    Roman historique. Depuis toujours, il y a dans le monde des hommes et des femmes qui ont su dire non à ce qui leur paraissait inacceptable …
    « Elle voulait passer inaperçue, devenir invisible. Or, il lui semble qu’elle occupe tout l’espace, qu’on ne voit qu’elle, dans la gare. La poignée de la valise lui brûle les doigts. Car la menace est partout, qui rôde : les soldats de la Wehrmacht, la police criminelle, la Gestapo. Aussi longtemps qu’elle tient cette valise au bout de son bras, elle est en danger de mort. Et elle le sait ».








    « Notre vie n’est pas la nôtre. Nous sommes liés aux autres, dans le passé, dans le présent, et l’avenir.
     Je suis persuadé qu’un autre monde nous attend, 
    un monde meilleur, et c’est là bas que je t’attendrais ».